La photographie me permet de m’évader en créant, mais aussi, de par les rencontres qu’elle génère, de changer le regard que je porte sur mon environnement, de prendre du recul face aux étrangetés de notre société. Deux axes majeurs se révèlent alors: celui de la création et celui de la transmission. J’utilise la photographie comme une langue sans frontière. D’une part, je construis, au fil des années, un corpus iconographique qui interroge la possibilité de réalisation de nos utopies individuelles et collectives, mais je ne m’interdis aucune digression abstraite et libre de toute contrainte. Mon but avoué, mon idéal, est de composer, grâce à la force chromatique et esthétique de mes clichés, des espaces de décélération et réflexion.
En dialoguant avec divers publics que j’initie, j’investis le champ social et politique, je questionne notre relation aux images, au vivant et à autrui. Je choisis, plus particulièrement, d’aller à la rencontre de publics marginaux, afin de co-créer des espaces de projection, d’interrogation, de rêverie. Je tente alors, en maintes occasions, d’insuffler, dans des regards et des esprits malheureusement trop souvent en manque, une lueur d’espoir. Cette transmission, pédagogique et ludique, me permet de confronter les publics à l’impact de la multiplication des images sur la construction de notre imaginaire social. En travaillant plus intimement sur des questions en lien avec leurs identités et leurs rêves, je mets en évidence, la difficulté pour chacun, de se représenter graphiquement et textuellement, et les incite à dépasser leurs craintes et à « offrir », à « s’offrir » au Monde.